Pénurie de médecins : La crise s'étend à Longueville-sur-Scie !

 

Une nouvelle fois la presse locale révèle un nouveau cas de pénurie de médecins. C'est à Longueville cette fois.

L'un des trois médecins du cabinet médical s'en va. Or le cabinet médical était déjà surchargé, et les deux autres médecins croûlent sous le travail.

Le diagnostic proposé par le journaliste, fait, à notre avis, la part trop grande aux petites guerres politiciennes intestines locales, (la faute au "déclin du canton") et nous renvoie vers les "méchants jeunes" qui "seraient de moins en moins à suivre des études en médecine".

Un peu facile tout cela, et surtout un peu court ! Le problème est bien plus grave et plus profond. Longueville est, aujourd'hui, la face visible de l'iceberg. Mais l'iceberg est gigantesque.

La pénurie de médecins à Longueville trouve son origine dans les politiques malthusiennes qui ont été développées depuis une trentaine d'années en France sous prétexte de réduire la pseudo "sur-consommation médicale" et pour, soit disant, sauver la Sécurité sociale. Moins produire de médecins a été proposé et décidé pour réduire cette sur-consommation. Réduire cette production de médecins est facile : il suffit de limiter le nombre d'étudiants en 2e année de médecine, et "le (mauvais) tour est joué". Grâce au numérus clausus. Il suffit de le faire descendre et le nombre de médecins se réduit lentement. Comme il faut 7 à 9 ans pour fabriquer un médecin, l'effet est décalé dans le temps; ni vu ni connu ! Et pour inverser la pente, il faut donc aussi 7 à 9 ans. En conséquence nous allons connaître des situationsbien pires dans les années qui viennent.

Il serait facile de dire "à Longueville, grâce à la réduction du nombre de médecins, les tenants de la rigueur vont être comblés", mais ce serait trop facile, trop politicien, et en contradiction avec les orientations de la CGT, toutes entières tournées vers la satisfaction des besoins.

Car les habitants du canton de Longueville sont victimes de ce que nous dénonçons depuis de nombreuses années à la CGT, et notamment sur ce blog.

Le 10 septembre 2010 (!!!) nous écrivions:

"La raison fondamentale de cette situation est la conséquence des politiques de santé successives, toutes entières tournées vers le chiffre, la rentabilité, l'argent, et absolument pas vers l'intérêt des malades. Les annonces qui nous sont faites actuellement, confirment l'aggravation de cette politique, marquée par la baisse des remboursements et la réduction des prestations. Une nouvelle fois ce sont les salariés et les malades qui vont payer.

Aujourd'hui, l'inégalité d'accès aux soins s'aggrave, partout en France, et en particulier dans notre région. Il devient de plus en plus difficile d'avoir des rendez-vous avec même les généralistes. Les dépassement d'honoraires se multiplient. Les obligations faites aux malades par certains chirurgiens de leur verser des dessous de tables pour se faire opérer dans de bonnes conditions se multiplient, etc.

La France produit aujourd'hui beaucoup moins de médecins chaque année, qu'en 1980, alors que la population française a augmenté de 10 millions et que l'on vit, paraît-il, plus vieux !

En 1980 on produisait 8500 médecins par an; avec le renforcement drastique des numérus-clausus, à la fin de la 1ere année de l'université, ce chiffre s'est effondré, au point qu'on ne produisait que 3500 médecins en 2000. Depuis le numérus clausus a été progressivement relevé pour atteindre, aujourd'hui la production de 5000 médecins par an, mais comme il faut de 8 à 15 ans pour former un médecin, le manque de praticiens devrait s'aggraver d'ici 2025. S'ajoute à cela que de 1988 à 2003, pendant 15 ans, la Sécurité sociale a incité financièrement les médecins âgés de plus de 57 ans à partir à la retraite de façon anticipée, pour éviter, disait-on, "la plétore médicale!". Après que 10663 médecins eurent bénéficié de cette mesure, la France a importé 10000 médecins étrangers, qui font défaut dans leurs pays !

Ces politiques successives n'ont servi (ne servent) que les intérêts égoïstes développés par certains syndicats de médecins libéraux, qui souhaitent faire jouer la loi de l'offre et de la demande, pour imposer l'augmentation de leurs honoraires. La conséquence est aujourd'hui dramatique pour assurer la pérennité du système de santé, et assurer un accès aux soins à tous. Pour avoir accès à un spécialiste, il faut attendre parfois des mois. Il y a pénurie d'ophtalmos, d'obstétriciens, d'anesthésistes, de gynécologues, etc.

Il est urgent de desserrer l'étau des numérus clausus mis en place à la fin de la 1ere année d'université, et de retrouver, et même de dépasser, le nombre de médecin formés avant 1980 chaque année (8500), pour assurer l'avenir de la santé dans notre pays."

L'affaire de Longueville en 2011 est un nouveau clignotant d'alerte qui s'allume: lecteur, si tu ne veux pas être une prochaine victime de ce démentellement de la médecine, indigne-toi !

Tous ensemble, mobilisons nous pour une médecine de qualité, pour défendre la Sécurité sociale.

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