Pour l'augmentation de tous les salaires et des retraites: débloquer les salaires de la Fonction publique !

Dans la fonction publique, le salaire est calculé à partir de la valeur d'un point d'indice. Ce point d'indice est le même, que l'on soit dans la Fonction publique d'Etat, la Fonction publique hospitalière, ou dans la fonction publique territoriale.

Pour calculer le Salaire Brut d'un salarié de la fonction publique, il suffit de multiplier la valeur du point d'indice (appelé indice réel, ou indice réel majoré), par le nombre de point d'indice .

Depuis plusieurs années maintenant, le gouvernement a décidé de ne plus augmenter la valeur de cet indice. Les salaires sont donc bloqués, alors que l'inflation repart !

Depuis le 1er janvier 2000, la perte de pouvoir d'achat du point d’indice par rapport à l’inflation, hors tabac, est au 1er août de -11,08%. S'il avait suivi la hausse des prix, le point d’indice mensuel devrait être de 5,143 euros au lieu de 4,6303 euros aujourd’hui.

  • => Pour un agent de catégorie C en haut de l’échelle 4, à l'indice réel majoré 369, la perte mensuelle par rapport à l’inflation est de 189 euros par mois. Soit une perte de 2.268 euros par an pour un salaire de 1,25 fois le Smic.
  • => Pour un agent de la catégorie B à l'indice réel majoré 445 (10ème échelon du 2 ème grade), la perte est de 228 euros mensuels, soit 2.736 euros annuels.
  • => Pour un agent A à l'indice réel majoré 626 (11ème échelon du 1er grade), la perte est de 321 euros mensuels, soite de 3.851 euros annuels.

Accumulées au niveau de la Nation, cela représente des masses énormes d'argent (de l'ordre de 10 millions d'euros) qui manquent à l'activité économique et qui contribuent donc à l'asphyxier.

Mais cela se traduit aussi par un manque de recettes du même ordre (10 millions d'euros) pour la Sécurité sociale (cotisations salariales + cotisations patronales), que l'on retrouve compensée en proportion par la baisse des prestations de Sécurité sociale de tous les salariés et des retraités.

La mécanique de ne pas augmenter les salaires de la Fonction publique est copiée ailleurs: cela permet de bloquer tous les salaires, du public comme du privé.

Chacun a remarqué que le gouvernement retarde désormais systématiquement l'augmentation du Smic, ce qui a un effet catastrophique sur le pouvoir d'achat des salariés du secteur privé. Que l'on soit du privé ou du public, c'est bien la même logique qui s'applique durement à tous. L'objectif est que les gros actionnaires dégagent plus de profits; que les riches soient plus riches; que les spéculateurs puissent spéculer plus; que le champagne coule à flot et que la fête continue dans les beaux quartiers et les belles résidences.

Mais attention aux retraites !

De plus en plus de voix s'élèvent dans les milieux patronaux et spéculatifs, pour que, sous prétexte de la crise, le gouvernement rompe avec sa promesse de lier l'augmentation les retraites à celle des prix. C'était pourtant un engagement pris par lui lors de la réforme des retraites de 2010,. Cela lui a d'ailleurs permis de faire décrocher les retraites des augmentations de salaires des actifs.

Le prétexte de la crise risque de lui permettre de faire un pas supplémentaire dans la dégradation du pouvoir d'achat déjà très affaibli des retraités.

Au contraire, la question de l'augmentation du pouvoir d'achat des salaires et des retraites est un élément crutial pour sortir de la crise. C'est le recul massif du pouvoir d'achat est à l'origine de la dégradation de l'activité économique. Aux USA, et tous les économistes le disent, il a été à l'origine de la crise des Subprimes. L'austérité ne conduira qu'à ajouter le pire au pire.

Le déblocage des salaires dans la fonction publique aurait donc un effet bénéfique pour tous les salariés et tous les retraités, car cela aurait un effet d'entraînement irrésistible.

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