Premier débat sur la dette publique à Dieppe

Pour son premier débat sur la dette, le Collectif dieppois pour un audit citoyen de la dette publique et contre l'austérité (dont fait partie l'Union locale CGT de la région dieppoise) avait choisi de réfléchir sur la richesse, son origine, et sur la dette publique et son origine.

Il avait invité pour cela un cadre supérieur de La Poste, Gilbert ledorner, qui fût pendant 10 ans élu CGT au CESR de Haute-Normandie (CESR: Comité Economique et Social Régional, organisme officiels qui est chargé de donner des avis sur les projets régonaux). 

Une quarantaine de personnes avaient répondu à l'invitation du collectif. L'auditoire fût très attentif pendant les deux heures d'exposé, entrecoupé de phases de questions réponses.

Qu'est-ce que la dette ? d'où vient-elle peut-on s'en sortir ? Y a-t-il d'autres moyens que l'austérité ?

La question de la richesse est donc centrale: en effet, comment réduire la dette publique dans un pays qui serait pauvre ?

Heureusement ce n'est pas le cas de la France: La France est pays riche ! Non, devait tout de suite contester Gilbert Ledorner, la France est un pays très riche !2012 03 12 3318

"la France n'est pas un pays riche ! La France est un pays très riche ! Nuance !"

En effet, La France est la 5e puissance économique du monde sur 194 pays. La chose serait évidemment différente si elle etait au 170e rang, ou au 150e rang, ou même au 90e rang. Mais ce n'est pas le cas

La France a un PIB (Produit Intérieur Brut) qui avoisine les 2000 milliards d'euros ! Enorme !

D'où vient cette richesse ? Du travail ! Pour produire de la richesse il faut des hommes et des femmes, et des outils de travail. Attention, il ne s'agit pas évidemment quasiment plus aujourd'hui de travail manuel. Quelle que soit la place des salariés dans la chaine, ils participent tous à la création de la richesse: par exemple l'ingénieur avec son ordinateur. 

R = OT x TH

(richesse = outil de travail x travail humain)

Attention de ne pas mélanger milliards et millions, dira Gilbert Ledorner ! "Lorsqu'on vous parle de millions d'euros c'est "peanuts"; c'est 0,05% du PIB". Mais lorsqu'on parle de la dette publique c'est autrechose: c'est aujourd'hui de près de 170 milliards d'euros en (chiffres de 2011). Elle a presque doublé depuis 10 ans, c'est à dire pendant la période où l'on nous a dit agir pour le réduire ! C'est tout le conttraire qui s'est passé !

Au cours de son exposé, Gilbert ledorner n'utilisera pour ses démonstrations uniquement que des chiffres très officiels, issus des rapports officiels (Cours de Comptes, Insee, Drees, Conseil des prélèvements obligatoires, Rapport Carrez, etc.), et que l'on cache au grand public !

Mais pourquoi alors y a-t-il une dette ?

Parce que en 1973, sous Giscard d'Estaing, alors Ministre des finances, le choix a été fait d'interdire à l'Etat d'emprunter directement à la Banque de france, qui lui prétait jusque là à zéro %, et de l'obliger à passer par les banques, qui  appliquent un taux d'intérêt aux prêts qu'elles lui font. 40  ans après les conséquences de ce choix apparaissent comme ils le sont : catastrophiques !

Voici quelques chiffres extraits de son exposé:

Ventilation du PIB (le PIB est l'ensemble des richesses produites dans l'année dans le pays): 

  • => Rémunération de la propriété privée  (profits)=  800 milliards d’euros
  • => Rémunération des salariés du privé =  500 milliards d’euros
  •  => Structures d’intérêt général = 700 milliards d’euros (Fonction publique - Protection sociale)

Cette ventilation est la conséquence de choix qui ont été faits par les gouvernements, et votés depuis des années par la majorité des députés et par la majorité des sénateurs. Les députés votent des budgets en déficit, particulièrement depuis une dizaine d'années, et l'emprunt comble ce déficit !

Le déficit public ne provient nullement d’un excès de dépenses publiques mais il résulte de la politique de baisse des impôts (et pas n’importe lesquels !) conduite obstinément depuis des années.

Ce phénomène a été reconnu et identifié par Gilles Carrez, député UMP et Rapporteur Général de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale. Son dernier rapport est formel :

« l’accumulation de baisses d’impôts depuis 2000 semble avoir conduit à un accroissement du déficit structurel car, si le taux de prélèvements obligatoires apparaît en baisse tendancielle sur la décennie, le taux de dépenses publiques, en revanche, reste stable ».

En clair : les dépenses stagnent, les recettes diminuent.

2010 Manque-a-gagnerL’ensemble des niches fiscales représente 140 milliards d’euros

  • => 106 milliards d’euros pour les entreprises
  • => 34 milliards d’euros pour les particuliers (essentiellement les plus riches)

La situation en 2010 :

  • => Recettes de l’Etat en 2010 = 270,5 milliards d’euros
  • => Dépenses de l’Etat en 2010 = 420 milliards d’euros
  • => Déficit de l’Etat en 2010 = 149,5 milliards d’euros

1978-2012 Dette publique- Insee

 

L'examen de ce graphique publié par Ouest-France est révélateur sur de nombreux points:

  • 1- Il donne la date d'élection et le nom des Présidents de la République pour chaque période de 1978 à 2012.
  • 2- La dette grimpe lentement jusqu'à 1992. Donc la 5e semaine de congés payés, les 39 heures, et la retraite à 60 ans, etc. ne sont pas pour grand chose dans son accroissement.
  • 3- La dette grimpe nettement après 1991, c'est à dire après l'instauration de la CSG (sous Rocard, puis Balladur) et l'instauration des premières exonérations de cotisations patronales, notamment celles sur la famille
  • 4- VIVE LES 35 HEURES ! La dette baisse de 1998 à 2002, car les 35 heures provoquent une relance de l'activité économique, et une hausse des rentrées fiscales. Les salariés consomment et font tourner l'économie !
  • 5- 2002 à 2005 La dette explose sous Sarkozy ministre des finances
  • 6- la dette recule ensuite sous Thierry Breton ministre des finances
  • 7- Après 2007, la dette croit de manière exponentielle sous Sarkozy président de la République

  Cadeaux-fiscaux

Changer tout !

Il faut arrêter avec la multuplications de niches fiscales, qui sont pour l'essentiel, absolument improductives et génératrices de la dette, et remettre la richesse au service des besoins humains. Et il faut que les Etats puisse emprunter à 0% à la BCE.  

Pour répondre aux besoins humains et relancer l'économie, il faut investir dans:

 

  • => Les rémunérations
  • => La Protection sociale
  • => La fiscalité
  • => L’investissement productif

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Prenez date: prochain débat le lundi 2 avril 2012, à 18h00, à la Maison Jacques prévert, sur le thème de la dette indigne avec Gérard Filoche, Inspecteur du Travail.

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