Réouverture de la Poste de Fontaine-le-Dun

Après une dizaine de jours de fermeture, le bureau de Poste de Fontaine-le-Dun a rouvert ses portes le lundi 2 janvier 2012, mais la direction menace de fermer de nouveau le bureau si une menace de nouvelle occupation des locaux, par le collectif d'usagers et d'habitants, s’annonçait.
On mesure ainsi le niveau de « dialogue social » de cette désormais « Société Anonyme » qui a remplacé le Service Public des PTT. Un seul objectif aujourd’hui: tout pour le profit, avant de demain faire tout pour l’actionnaire.
A l’origine, la Poste voulait transformer le bureau de Fontaine-le-Dun en Agence postale, dont la particularité est d’être tenue non par du personnel de la Poste, mais par du personnel communal. Dans cas, une contrepartie d’une maigre indemnité de l’ordre de 800 euros par mois aurait été versée par la Poste à la commune. Mais pour cela il fallait l’accord du maire, ce que, comme à Longueville-sur-Scie, elle n’a pas obtenu. Il est vrai que les 800 euros sont loin de couvrir les frais de fonctionnement d’un bureau de Poste ; le reste aurait été payé par le budget communal, c'est-à-dire les impôts locaux. C’est d’ailleurs ce qui se passe partout où une Agence Postale a remplacé un bureau de Poste.
En représailles, la Poste a réduit les horaires, en les réduisant proportionnellement au trafic moyen du bureau. Longueville comme Fontaine ayant des trafics similaires, les horaires d’ouverture y ont été réduits d’une quinzaine d’heures par semaine, ce qui représente une fermeture tous les après-midi à Fontaine comme à Longueville. Mais à Longueville la Poste y est fermée le samedi matin.
Ainsi en moins de 10 ans, dans le vaste secteur géographique dépendant de Luneray, le paysage de la Poste a complètement changé (c'est d'ailleurs la même chose partout en France). Dan ce secteur il ne reste plus que quelques bureaux de Poste de plein exercice - quoi qu’ayant perdu leur Receveur des Postes. Il s’agit de Bacqueville-en-Caux, Auffay, Tôtes, Longueville, Fontaine-le-Dun et Luneray.
Les bureaux de Poste de Val-de-Saane, Avremesnil, Le Bourg-Dun, Brachy, Gueures, Saint-Ouen du Breuil Saint-Victor l’Abbaye, et Torcy-le-Grand, sont devenus des Agences Postales, en partie financées sur les impôts locaux, les conseils municipaux de ces communes ayant accepté le « marché de dupe » proposé par la Poste.

Pour un service postal dégradé, leurs habitants de ces communes payent aujourd’hui deux fois (et même trois fois) :

  • => une fois lorsqu’ils utilisent les services de la Poste,
  • => une autre fois avec leurs impôts locaux ;
  • => et même une troisième fois lorsqu’il faut dépenser des frais de carburant pour se rendre au chef lieu de canton afin de réaliser des opérations qui ne sont plus faites localement.

Cette organisation ressemble à celle de la Maison des Services Publics, principe qui fut un temps présenté comme étant la panacée pour « moderniser » les Service Public traditionnels, etc. il montre ici son incapacité à répondre aux besoins réels des habitants, et surtout que tout repose sur le contribuable local.

Qu’est-ce qui, à la grande époque de la Grande Administration d’Etat, faisaient qu'on arrivait à offir un meiller service pour moins cher, et qu'aujourd'hui tout est devenu impossible ?

C’est simple : La mutualisation budgétaire au niveau national (grâce au budget annexe de des PTT, créé en 1923 et supprimé en 1990), au bénéfice des zones rurales. En quelque sorte c'étaient les zones riches qui payaient pour les zones moins riches. Car à l'époque il n’y avait pas d’actionnaires à gaver (ici l’Etat), et les bénéfices réalisés dans les grandes agglomérations ou dans les grandes opérations financières, ou encore dans les télécoms, servaient à payer les fonctionnaires disséminés dans les petits bureaux de Poste ruraux.

Grâce à ces moyens financiers mutualisés, les PTT mettaient à disposition des habitants des campagnes des Receveurs des Postes (c'était le nom des directeurs locaux) dont la particularité était d’être payés pour mettre en œuvre le « principe d’Egalité » en matière de Communication et d’Economie, principe inscrit dans la célèbre formule de la République : « Liberté, Egalité, Fraternité », et développé dans le Préambule de la Constitution. Ce faisant les receveurs défendaient les intérêts des plus humbles, indépendamment du trafic financier ou postal. Ainsi grâce à leurs conseils avisés, des patrimoines se sont constitués, et d’autres se sont préservés.
Mais cela c’est aujoud'hui du passé... à moins qu'on ne le change.


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