Sécurité sociale: le gouvernement Valls en première ligne pour accroitre le chômage

On savait que les gouvernements de Monsieur Hollande n'avaient rien changé par rapport aux politiques précédentes, en matière de suppressions d'emplois chez les fonctionnaires. Des dizaines de milliers d'emplois ont donc été supprimés depuis son élection dans ce secteur.

On  savait aussi qu'ils n'avaient absolument rien demandé en la matière aux entreprises et aux grands groupes où l'État détient une majorité du capital ou une minorité de blogage (Orange, La Poste, EDF, la SNCF, etc.). Ces grands groupes ont donc continué à détruire massivement des emplois (Lire notre article: En un an Orange a supprimé 3751 emplois en France).

Aujourd'hui, sous prétexte d'économiser 1,2 milliard d’euros, le gouvernement Valls a demandé à l'assurance maladie de supprimer 6 % des effectifs des caisses d’assurance-maladie. Comme dans le reste de la fonction publique, et dans les entreprises, un départ à la retraite sur deux n'y sera pas remplacé d’ici à 2017. Des suppressions de postes sont également programmées dans les caisses de retraite et les Urssaf.

La convention que l’État et la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) viennent de faire valiter par le conseil d'administration de la CNAM demande donc aux caisses d’assurance-maladie de supprimer près de 4.500 emplois en quatre ans. Bel exemple de lutte pour l'emploi !

A l’Assurance-maladie, entre 2.300 et 2.500 départs à la retraite sont prévus chaque année entre 2014 et 2017, soit un total de 9.600 sur la période. Le taux de remplacement de 53 % prévu dans la convention correspond à 5.110 recrutements et 4.490 départs non remplacés. Les effectifs passeraient donc de 69.900 cette année à 66.600 à la fin du quinquennat.

En fait l’Assurance-maladie supprime régulièrement des postes depuis des années grâce à des gains de productivité réguliers dont le personnel ne bénéficie aucunement: l'intégralité des gains de productivité sont absorbés par la gestion, au bénéfice de la finance.

  • > La dématérialisation des feuilles de soins, avec la carte Vitale, a permis de réduire le nombre de salariés affecté au traitement des documents, et ceux qui restent ont vu leurs conditions de travail se dégrader.
  • > De plus en plus de démarches sont désormais orientée vers le téléphone ou Internet, ce qui dégrade la relation avec les usagers, car les usagers subissent le désagrément de la généralisation de l'accueil robotisé: "tapez 1", "tapez 2".
  • > L'industrialisation des processus, et la spécialisation des sites géographiques provoque de la souffrance au travail, à l'image des restructurations chez Orange (ex-France Telecom); cela provoque aussi la dégradation de la relation avec les usagers (relation "client") dont les dossiers ne sont plus suivis par la même personne.

> Résultat, depuis 2005, les effectifs ont fondu de 12 %. 

  • > D’ici à 2017, les caisses devront mettre en œuvre le tiers payant généralisé chez le médecin dans une logique de suppression d'emplois, qui dispensera les patients de l’avance des frais lors des consultations.
  • > La CNAM pilotera également le déploiement du dossier médical partagé, dans une logique de suppression d'emplois, qui permettra de centraliser toutes les informations médicales des assurés.

Mais rassurez-vous, "question communication", les ministres vont continuer à se lamenter sur la hausse du chômage, et vous assurer la "main sur le coeur" (et "droit dans les yeux") que cette question est leur priorité,... alors qu'ils font le contraire.

Dans cette affaire, le gouvernement vise des économies de l'ordre 1,2 milliard d’euros dans l’ensemble des branches de la protection sociale d’ici à la fin du quinquennat, au seul bénéfice du patronat.

Les suppressions de postes annoncées passent très mal auprès des salariés, si bien que le 31 juillet 2014, si les texte a été validé par quinze administrateurs (dont les patrons:  Medef et la CGPME),  treize ont voté contre (dont la CGT, FO, la CFE-CGC) et sept se sont abstenus (dont la CFDT et la CFTC).

Retour à l'accueil