Seuils sociaux : la CGT ne négociera "rien"

Thierry Lepaon

La CGT ne négociera "rien" sur les seuils sociaux, que le gouvernement veut faire débattre entre syndicats et patronat (et modifier par voie d'ordonnance s'il n'y a pas d'accord !), a averti le secrétaire général de la confédération Thierry Lepaon dans un entretien dimanche à L'Opinion.

"Nous ne négocierons rien sur les seuils sociaux", qui actuellement fixent des obligations légales aux employeurs en matière de représentation des salariés, a-t-il réaffirmé.

"Il y a contradiction : d'un côté, le gouvernement prône la démocratie sociale, la négociation collective, et de l'autre il veut remettre en cause le droit à la représentation des salariés", explique-t-il. Le secrétaire général de la CGT s'interroge par ailleurs sur "le rapport entre le fait de supprimer des droits de représentation des salariés, et la création d'emplois".

"S'il fallait en trouver un, il n'y a qu'à regarder l'Allemagne: à partir de 5 salariés, on a un délégué du personnel. A partir de 10, un comité d'entreprise, et l'emploi se porte bien !", assure le dirigeant syndical.

Dans l'entretien à L'Opinion, Thierry Lepaon revient aussi sur "le séisme politique" provoqué par Arnaud Montebourg et Benoît Hamon et "le changement de cap du gouvernement" dont la politique est "en contradiction avec la campagne électorale".

"Dans l'histoire de France, c'est la première fois qu'un exécutif met autant d'énergie à gâcher la confiance que le peuple lui a accordée", juge Thierry Lepaon, rappelant que "quand Hollande prend le pouvoir, le Sénat, l'Assemblée nationale, 21 régions sur 22 sont à gauche et avant les municipales, la majorité des grandes villes sont à gauche".

Thierry Lepaon a annoncé aussi que la CGT allait proposer et préparer une journée d’action mi-octobre 2014, lors du vote du budget de la Sécurité sociale.

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