Soixante dixième anniversaire de la grève insurrectionnelle des cheminots

Resistance-cheminots.jpgSoixante dix ans nous séparent d'une grève historique pour notre pays: celle des cheminots qui, à partir du 10 août 1944, et sous l'impulsion de la C.G.T, allait par sa combativité et sa détermination contribuer à porter un coup fatal à l'occupant nazi et renforcer le mouvement vers la libération de notre pays.

Le 06 juin 1944, les alliés avaient débarqué en Normandie, et, partout en France, l'espoir de la libération avait gagné les esprits.

Pour la C.G.T l'insurrection contre l'occupant allemand est en marche. La CGT était clandestine, car dissoute à l'automne 1940 par le régime d'extrême droite de Pétain. Divisée depuis 1939, elle s'était réunifiée en 1943 dans la clandestinité. La CGT participait au CNR, que son représentant Louis Saillant présidera à partir du 11 septembre 1944, et avait des représentants au Comité Français de Libération Nationale à Alger

La fédération CGT clandestine des cheminots décida d'appeler les cheminots à la grève le 10 août 1944. Elle l'organisa dans les grands ateliers, et par région.

Cette grève insurrectionnelle des cheminots fut donc le résultat de quatre années de mobilisations et d'actions. De 1940 à 1944, les cheminots s'étaient organisés et engagés avec la C.G.T dans le processus qui les conduira à contribuer à la libération de notre pays.

La date du 10 août n'est pas choisie au hasard. Elle rappelait la Révolution Française dont la référence scandait toute les initiatives patriotiques durant l'occupation, source des pseudonymes des militants clandestin, comme Marat, Hoche; ou les noms des détachements de FTPF: Valmy, Carmagnole, etc.. Le 10 aout 1792, est en effet le jour où le peuple de Paris et ses faubourgs a déferlé sur les Tuileries, et s'en est emparé, la journée étant coordonnée par la "commune insurrectionnelle" des sections révolutionnaires.

Au soir du 10 août 1944, des milliers de cheminots sont en grève dans une vingtaine d'établissements. Dans les jours qui suivent, l'action se développe dans les gares, les ateliers, les dépôts, dans le même temps où les sabotages de locomotives et de matériels se multiplient dans toute la France.

Le 17 août 1944, le trafic ferroviaire est plus que sérieusement perturbé. Le 18 août 1944, c'est la grève générale, et l'insurrection parisienne pour chasser les nazis de la capitale.

Depuis le début de l'occupation, la démarche de la C.G.T a été d'associer partout et toujours satisfaction des revendications (ravitaillement, salaires, conditions de travail, etc.), et résistance.

Dans ce conflit, 9.000 cheminots ont péri, parmi lesquels 809 fusillés, massacrés et 1.157 morts en déportation pour faits de résistance.

Le 30 octobre 1949, la légion d'honneur et le croix de guerre avec palme étaient décernées à la S.N.C.F en reconnaissance des mérites civiques et militaires des cheminots.

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