Temps de travail 56% des Français opposés à la fin des 35 heures

Un sondage exclusif L’Humanité-Harris Interactive révèle, le 7 janvier 2011, que plus de la moitié des Français (56%) sont opposés à la suppression des 35 heures. Et ce chiffre monte à 77% dès lors que l’on interroge les salariés qui en bénéficient.

Les salariés s’y opposent en majorité, qu’ils appartiennent au secteur public (71%) ou au secteur privé (63%).

Les personnes qui bénéficient d’un accord de réduction du temps de travail fixant leur durée hebdomadaire à 35 heures sont particulièrement opposées à une suppression de cette mesure (77%).

Quant aux salariés qui n’en bénéficient pas, ils sont plus partagés (50% de favorables contre la même proportion d’opposés). On constate également que les membres des catégories supérieures sont un peu plus favorables sur la question que les membres des catégories populaires (41% de favorables parmi les premiers contre 31% chez les seconds).

Opposition actifs/retraités ?

Lorsqu’on est dans la force de l’âge, et confrontés à la dureté de l’exploitation, et à la nécessité du repos, et moins on est favorable à la suppression des 35 heures: 66% d’opposés chez les 35-49 ans (dont 40% tout à fait opposé) et 67% chez les 25-34 ans (37% tout à fait opposé), 54% chez les 18-25 ans (31% tout à fait opposés).

Il n’y a que chez les plus de 50 ans (parmi lesquels il y a tous les retraités), que cette mesure obtient une courte majorité de favorables (52%), et une forte minorité d’opposés (48%), dont 26% de tout à fait opposés.

Il aurait été intéressant d’avoir un panel 50-65 ans pour bien différencier l’opinion des actifs de celle des retraités, qui aurait sans doute montré que les 50-65 ans ont une opinion proche de celle des 35-49 ans. Car il est vraisemblable que les retraités sont plus favorable à la suppression des 35 heures que les actifs. La perte de repères des retraités, vis à vis du monde du travail, doublé d'une plus grande exposition aux campagnes médiatiques en est sans doute la raison.

Pour la CGT ce sont à ceux qui sont les premiers concernés, les actifs,  à être écoutés et entendus sur cette question.

En tout état de cause, cela montre l'importance des sections de retraités de la CGT, et la nécessité de les renforcer. Des sections de retraités CGT, actives dans toutes les professions et les cantons, c'est urgent !

Mauvais pour les salaires !

Les Français sont également lucides quant à l’impact d'une telle mesure sur les salaires : pour 65% d’entre eux, la suppression des 35 heures ne signifierait pas une hausse des salaires. 59% chez les 18-25, 68% chez les 25-35, 73% chez les 35-49, et même 60% chez les plus de 50 ans, ce qui laisse à penser qu'elle est proche des 35-49 chez les 50-60 ans.

Cette lucidité montre que les français comprennent que la suppression des 35 heures n'a pour seul objectif que l'augmentation du chômage. Comme nous sommes dans un "marché du travail". Dans tous les marchés l'augmentation de l'offre conduit à la baisse des prix. L'aumentation du nombre de chômeurs a comme conséquence logique la baisse des salaires. Casser les 35 heures a donc comme conséquence une pression accrue sur les salaires. N'est-ce pas ce à quoi l'on a déjà assisté, avec les mesures d' "assouplissement" des 35 heures ?

Mauvais pour la croissance !

Les Français sont par ailleurs 51% à estimer que la productivité des salariés n’augmenterait pas en cas de suppression du dispositif.

Logique: la baisse du pouvoir d'achat aurait pour conséquence de freiner la consommation , d'où les baisses de ventes dans le commerce et les services, débouchés de la production.

En revanche, cela occasionnerait selon eux, une dégradation des conditions de travail à hauteur de 55% sans pour autant générer la relance de la croissance.

Logique: subir des cadences infernales pendant plus longtemps, il est évident que cela dégrade les conditions de travail, non?

Et, si, au contraire, on relançait la réduction du temps de travail sans diminution de salaire ?

Avec l'informatique, la priductivité a fait un bon extraordinaire depuis 10 à15 ans. L'arrivée d'Internet multiplie les capacités de production des individus. Aujourd'hui, tous les gains de productivité vont dans les profits, toujours dans la poche des actionnaires et jamais dans celles des salariés. 

N'est-il pas temps d'exiger un meilleur partage des richesses, sois la forme:

  • => d'augmentations de salaires véritables (assez d'aumone !),
  • => des repos supplémentaires,
  • => les 32 heures,
  • => Le retour à la retraite à 60 ans à taux plein
  • => l'accès à la retraite à 55 ans pour les travaux pénibles
  • => etc.
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