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En décembre 2012, en votant, les salariés des Très Petites Entreprises ont placé la CGT très loin devant toutes les autres organisations syndicales !

35% pour la CGT en Seine-Maritime !

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Le jeudi, avec notamment la permanence des cheminots retraités,

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Temps de travail & RTT

Dimanche 5 août 2012 7 05 /08 /Août /2012 07:57

Défendre les 35 heures

Le 3 août 2012, le Figaro a relancé la campagne de la droite et du patronat contre les 35 heures. Il est évident que ce n’est qu’un début et que les salariés vont devoir se mobiliser pour se défendre.

Dans l’éditorial intitulé « les 35 heures, une l’horreur économique », c’est un véritable bombardement « d’idées reçues » et de contrevérités qui sont assénées. Les 35 heures, en plus d’être « une horreur économique » :

  • - Auraient désorganisé certains services publics, comme celui des hôpitaux.
  • - Auraient freiné l'augmentation des salaires.
  • - N’auraient jamais résolu le problème du chômage dans notre pays : le partage des tâches ne libèrerait pas d'emplois.
  • - Auraient plombé notre compétitivité depuis plus dix ans alors que la mondialisation est impitoyable.
  • - Auraient coûté une fortune à l'État, plus de 20 milliards d'euros, qui seraient mieux utilisés à réduire nos déficits abyssaux.

Tout cela est évidemment faux !

Les 35 heures sont en réalité les conséquences d’un partage de la productivité ! Car la productivité du travail a littéralement explosé depuis l’arrivée de l’informatique dans les entreprises.

  • - Si les salaires n’ont pas augmenté, c’est que le patronat refuse de répartir équitablement les richesses produites.
  • - Si l’emploi a reculé dans tous les secteurs, c’est que:
    • => les gouvernements successifs ont le choix de ne remplacer qu’un emploi de fonctionnaires sur deux,
    • => et que les grosses entreprises ont réduit massivement leurs effectifs (ex: France Telecom-Orange: moins 50% depuis 1997).
  • - Si l’emploi a reculé dans de nombreuses entreprises, c’est que la satisfaction des exigences des actionnaires a primé sur l’intérêt général, et sur l’intérêt bien compris des entreprises.

Pour la CGT il est juste que les salariés bénéficient de l’augmentation de la productivité, et les 35 heures en sont l’un des aspects, comme l’augmentation des salaires et de l’emploi, et l’amélioration des conditions de travail en sont d’autres.  

De plus, tout le monde reconnait, dans ce contexte, que si la France a mieux résisté que d’autres pays à la crise du système, provoquée par la cupidité de certains établissements bancaires, c’est que :

  • - La répartition des richesses y est moins mauvaise qu’ailleurs,
  • - Qu’il existe la sécurité sociale, la retraite, le salaire minimum  (Smic), les miniums sociaux (RSA, minimum vieillesse, etc.)
  • - Et que, parmi ces aspects, les 35 heures ont eu un effet majeur.

La réduction du temps de travail a rapporté plus qu'elle n'a coûté !

L'introduction de l'informatique intensifie le travail, permet le développement de processus qui améliorent la qualité de service, et multiplie les sources de profits.

Mais en contrepartie elle oblige à une concentration accrue des salariés, ce qui accroît considérablement la fatigue.

Aujourd'hui, sans une augmentation des temps de récupération il serait impossible de faire face durablement à l'intensification du travail. Cela multiplierait les dysfonctionnements et les congés de maladies.

Réduire le temps de travail permet de mieux travailler, et donc "ça rapporte" !

De plus, cela a libéré du temps libre, dont les secteurs du tourisme et des loisirs ont profité; cela y a créé ou maintenu des milliers d'emplois; Donc la RTT "ça rapporte".

Mais le patronat (et la droite qui est à son service) en veut « toujours plus ». Il milite donc pour que les salariés n’aient pas le droit à une part dans la répartition de la productivité qui explose depuis une vingtaine d'années

Le patronat tire donc à boulets rouges sur les 35 heures, comme il milite parallèlement pour la suppression du Smic, pour la retraite à 67 ans, contre les minimums sociaux, etc, sous des prétextes qui sont fallacieux !

Tour le monde a compris la cupidité de ses motivations, et son offensive ne trompera personne !

Salariés: syndiquez-vous !

Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 06:53

Don de RTT: Les « bons sentiments » ne font pas les bonnes lois

Il est toujours assez consternant de constater que, quand des députés UMP redécouvrent le terme de solidarité, ce ne soit jamais des plus aisés vers les plus pauvres, mais toujours entre les citoyens les plus défavorisés.

Récemment une centaine de députés UMP ont proposé une loi visant à permettre aux salariés de faire dons de RTT à des collègues qui auraient à s’occuper de leur enfant malade.

La CGT s’oppose fermement à tout dispositif qui dédouanerait l’employeur ou l’État de leurs responsabilités vis-à-vis des salariés. Il n’est pas concevable que le gouvernement ou les entreprises culpabilisent les salariés tout en les privant de leur droit au repos. L’employeur a l’obligation de veiller à la santé et à la sécurité de ses salariés. Le droit au repos et à la santé sont des droits fondamentaux qui doivent être garantis.

Si, sous prétexte de solidarité, une loi remet en cause le droit au repos, une brèche serait ouverte pour la remise en cause de ce droit pour d’autres motifs qui n’auraient plus rien à voir avec l’altruisme. On imagine les pressions qui pourraient être exercées sur les salariés afin qu’ils renoncent « volontairement » à leurs congés pour des motifs beaucoup moins nobles.

Il existe aujourd’hui des dispositions dans le code du travail qui permettent aux salariés de s’absenter pour s’occuper de proches gravement malades… mais ces absences ne sont pas rémunérées. Or pour être effectif un droit doit s’accompagner de véritables moyens, la question est donc : quelle rémunération pour ces absences ?

Il serait plus opportun pour l’État et les parlementaires, non de réagir sous le coup d’affaires médiatiques parfois dramatiques, mais d’améliorer en profondeur les conditions de vie des salariés en favorisant l’accès à ces congés

La CGT dénonce une nouvelle fois la logique libérale et malsaine actuelle qui conduit à ce que l’on demande à chaque fois aux plus faibles de se sacrifier davantage.

Mardi 18 janvier 2011 2 18 /01 /Jan /2011 18:20

Conférence de presse de la CGT sur le temps de travail

Déclaration liminaire de Bernard Thibault

Déclaration liminaire de Bernard Thibault Conférence de presse de la CGT sur le temps de travail
 

 

Mesdames, Messieurs,

 

La décision du Comité européen des droits sociaux du Conseil de l’Europe conclut à la violation par la France. Cette décision intervient à la suite d’une réclamation collective de la CGT, une autre décision avec les mêmes éléments ayant été rendue le même jour suite à la réclamation émanant d’une autre organisation syndicale française. Cette décision éclaire le débat que certains ont jugé utile de lancer sur les 35 heures, mais aussi le débat au niveau européen sur la révision de la directive européenne sur le temps de travail. Je souhaite vous livrer succinctement quelques éléments d’appréciation et vous indiquer ce que la CGT compte entreprendre pour tirer les conséquences des décisions des instances européennes. La CGT aborde ce dossier éminemment sensible du temps de travail et des rémunérations de façon offensive et n’entend pas laisser le champ libre aux offensives anti-sociales qui se développent en France comme en Europe.

 

1°) L’état des lieux des 35 heures en France

 

Les lois instaurant les 35 heures ont été adoptées en 1998-1999. Elles ont ramené la durée légale de travail à 35 heures à compter du 1er janvier 2000 moyennant la généralisation et la pérennisation d’exonérations de cotisations sociales. Les entreprises de moins de 20 salariés disposaient de 2 ans supplémentaires pour s’y plier à leur tour. Mais en 2003, un changement de cap est intervenu avec l’extension à toutes les entreprises de l’aide prévue dans la loi Aubry 2 et la décision d’ouvrir un contingent annuel d’heures supplémentaires à toutes les entreprises n’ayant pas signé d’accord de RTT afin de pouvoir de facto travailler 39 heures. La généralisation des 35 heures a été stoppée net. Le contingent d’heures supplémentaires a été progressivement relevé. Il est fixé à 220 heures annuelles, sauf pour les salariés au forfait en jours ou en heures.

Aujourd’hui, selon le « portrait social de la France 2010 » de l’INSEE :

 

  • -  Seuls 50% des salariés sont à temps complet toute l’année et effectuent en moyenne 1820 heures de travail soit en moyenne 39 heures. Au sein de cette population, on trouve d’une part des salariés qui ne sont pas aux 35 heures, notamment dans les entreprises de moins de 20 salariés. De plus, 48% des salariés aux 35 heures effectuent des heures supplémentaires,
  • -  17% des salariés sont à temps partiel, 29% des femmes sont à temps partiel,
  • -  33% des salariés sont dans des situations intermédiaires : alternance de périodes de travail et de périodes de chômage, activité partagée entre plusieurs employeurs.

Cette moitié du salariat qui n’est pas à temps complet toute l’année aimerait travailler plus (elle accomplit en moyenne 1250 heures de travail dans l’année, soit nettement moins de 30 heures par semaine). La rémunération est amputée d’autant. Les conséquences sur le niveau de vie sont considérables. La prise en compte du temps réellement travaillé sur l’année (temps partiel, chômage, attente entre deux emplois …) multiplie ainsi par 3 les inégalités salariales constatée sur la base du temps plein.

 

Voilà le réel problème du temps de travail qui devrait être posé.


2°) La décision du comité européen des droits sociaux (CEDS)

 

A la suite de la plainte de la CGT, le Comité européen des droits sociaux du Conseil de l’Europe a déclaré contraire à la Charte sociale européenne révisée la législation française en matière de temps de travail sur deux points essentiels : les forfaits en jours et les astreintes.

 

Le Comité européen des droits sociaux a transmis ses décisions au Comité des ministres du Conseil de l’Europe.

 

Celui-ci peut adopter des résolutions pour inciter les États à se mettre en conformité. Il s’agit de « résolutions » sans sanctions qui n’ont qu’une valeur diplomatique.

  • -  Sur le régime des forfaits en jours, le Comité européen des droits sociaux (CEDS) s’appuie sur le fait qu’aucune limite n’est prévue pour la durée hebdomadaire du travail dans le système du forfait en jours. C’est, par conséquent, la règle du repos minimum prévue par le code du travail qui entraîne une limitation de la durée hebdomadaire du travail. Ce repos hebdomadaire doit être de 35 heures consécutives, à savoir 24 heures de repos hebdomadaire auxquels s’ajoutent 11 heures de repos quotidien. Cela implique que, quelles que soient les circonstances, les salariés concernés peuvent travailler jusqu’à 78 heures par semaine. Le Comité estime qu’une telle durée est manifestement trop longue pour être qualifiée de raisonnable ». C’est ce qui conduit le Comité à considérer que la situation des salariés avec forfaits en jours sur l’année constitue une violation de la Charte révisée en raison de la durée excessive du travail hebdomadaire autorisée, ainsi que de l’absence de garanties suffisantes.

  • -  Sur la rémunération des salariés au forfait en jours, le Comité constate que, par leur nombre et la nature des fonctions qu’ils exercent, les cadres et autres salariés assimilés n’entrent manifestement pas dans les exceptions prévues en matière d’heures supplémentaires et estime en conséquence que les heures de travail effectuées par les salariés soumis au système de forfait en jours sont anormalement élevées. C’est donc une infraction à la législation sur les heures supplémentaires.

  • -  Sur le régime des astreintes, il est décidé par le Comité européen des droits sociaux que l’assimilation des périodes d’astreinte au temps de repos constitue une violation du droit à une durée raisonnable du travail et aux règles applicables au repos hebdomadaire.

3°) Les actions que la CGT va engager, forte de la décision du CEDS sur le temps de travail

 

C’est une décision d’une grande portée, puisqu’elle concerne potentiellement plusieurs millions de salariés qui travaillent en France. On peut par exemple évaluer à 10% des salariés à temps plein le nombre de salariés travaillant au forfait en jours et à 8% de la totalité des salariés. Nous ne disposons pas du nombre de salariés concernés par les astreintes.

 

Je rappelle tout d’abord que les décisions du Comité européen des droits sociaux (CEDS) « s’imposent » à l’État concerné. Il appartient donc au gouvernement français ainsi qu’aux entreprises établies en France de se mettre en conformité avec la charte.

  • - En premier lieu, la CGT va interpeller le Gouvernement français et les groupes parlementaires pour qu’ils modifient la législation interne sur le temps de travail afin de la mettre en conformité avec ces décisions. Il devrait donc déposer un projet de loi en ce sens. Lors des précédentes condamnations sur cette question en 2004, le gouvernement français était resté inactif. Nous sommes lucides par rapport à la résistance qui se manifestera par rapport à notre démarche, mais nous ne laisserons pas le gouvernement utiliser uniquement les décisions européennes pour justifier des réformes contraires aux intérêts des salariés. L’attitude sélective consistant à ne retenir des décisions européennes que celles qui peuvent lui servir à amoindrir les droits sociaux sera de plus en plus difficile à tenir car la pression du Conseil de l’Europe s’accroît avec ces nouvelles condamnations et avec les conclusions du CEDS concernant la France pour l’année 2010.

Les employeurs doivent savoir que certains qu’ils ont conclu sur la base de la législation française sont considérés comme contraires à la charte sociale européenne et à ce titre sont condamnables comme d’autres expériences l’ont montré comme ce fut le cas pour le Contrat nouvelle embauche.

  • - La CGT demande en conséquence aux employeurs de rouvrir des négociations collectives avec les organisations syndicales représentatives sur les accords qui sont réputés non conformes et qui placent les entreprises dans une situation d’insécurité juridique. La CGT se réserve bien sûr la possibilité d’ouvrir des contentieux devant les Tribunaux de grande instance, en s’appuyant sur les décisions du CEDS, notamment pour obtenir la suppression de dispositions d’accords collectifs contraires à la Charte. La confédération CGT incite les syndicats d’entreprise et les salariés à être offensifs afin d’obtenir la remise en cause des dispositions de la législation du travail contraires à la Charte sociale européenne par l’action syndicale.

La CGT demande à ses organisations d’étudier l’opportunité d’engager des procédures devant les Conseils de prud’hommes, afin d’obtenir pour les salariés des dommages intérêts pour des durées du travail excessives et des absences de repos ou de paiement de majoration pour heures supplémentaires.

 

J’ajoute que l’Etat est aussi concerné par cette insécurité juridique puisque des entreprises qui seraient condamnées pour non respect de la charte sociale européenne, pourraient se retourner contre l’Etat français qui a méconnu ses engagements internationaux sur le temps de travail en adoptant la loi aujourd’hui dénoncée.

 

4°) La Directive européenne sur le temps de travail

 

Au niveau de l’Union européenne, les décisions de la CEDS vont peser dans le cadre de la révision de la directive européenne du 4 novembre 2003.

 

La Commission européenne a en effet engagé la seconde phase de consultation le 21 décembre 2010 et la Confédération européenne des syndicats (CES) a déjà fait savoir que, malgré certaines avancées, la nouvelle proposition de la Commission n’était pas satisfaisante. La Commission va devoir tenir compte de cette décision, notamment en matière de durée du travail hebdomadaire, de paiement des heures supplémentaires et de droit au repos (hebdomadaire et entre deux journées de travail). Comme le rappelle le Comité européen des droits sociaux, tous les États de l’UE ayant ratifié la Charte, ils doivent, quelles que soient les dispositions de la directive européenne, prendre des mesures pour assurer « un exercice concret et effectif des droits figurant dans les articles de la Charte ».

 

5°) Le débat sur les 35 heures, le coût du travail et la compétitivité des entreprises

 

L’offensive contre les 35 heures se développe sur trois axes :

  • -  Premier axe : dans l’objectif de redresser les finances publiques, il s’agirait de transférer la charge des allègements de cotisations sociales consenties aux entreprises sur les salariés. Relever le seuil de déclenchement du paiement des heures supplémentaires est le levier imaginé par une partie de la majorité actuelle pour y parvenir. Ce serait un marché de dupe. Les salariés l’ont bien compris, comme le montre le sondage publié par l’Humanité, indiquant qu’une très forte majorité de Français, 56% exactement, est opposée à la remise en cause des 35 heures. Parmi les salariés, cette opposition est plus forte encore : 71% des salariés du public et 63 % des salariés du privé sont opposés à la remise en cause des 35 heures. Une opposition qui monte même à 77% parmi les salariés bénéficiant des 35 heures. Seule consolation pour les instigateurs de cette remise en cause, 56% des inactifs y sont favorables.
  • -  Second axe : il s’agirait « d’abandonner toute référence nationale à une durée du travail ». Horaires de travail, heures supplémentaires, organisation du temps de travail ne relèveraient plus de la loi mais des seuls accords contractuels dans l’entreprise. Les garanties salariales seraient considérablement réduites. Le système proposé ferait du temps de travail un élément direct de concurrence entre entreprises. Ce serait un retour en arrière de près d’un siècle, lorsque « la loi sur les huit heures » a été instaurée en 1919. C’est pourquoi nous avons décidé de décliner la proposition de rencontre de Jean-François COPE, secrétaire général de l’UMP (vous trouverez la lettre que je lui ai adressée dans votre dossier).
  • -  Troisième axe : il s’agirait « d’améliorer la compétitivité de l’économie française ». Cet objectif, repris par le président de la République, coiffe l’ensemble. Le problème de compétitivité est réel, mais n’est aujourd’hui ni celui du temps de travail, ni celui du coût du travail. Les allemands travaillent 70 heures de moins que les français par an. Le coût d’une heure de travail dans l’industrie en France et en Allemagne s’est certes rapproché. Mais on ne peut se contenter de comparaisons sommaires. Peu regardant sur les chiffres, le gouvernement oublie que le coût annuel d’un salarié de l’industrie demeure supérieur Outre-Rhin. Il oublie aussi que l’heure de travail d’un salarié français est la plus productive du monde.

S’il y a quelque chose à déverrouiller, ce ne sont pas les 35 heures mais bien la question de l’accès pour tous à un travail permettant de vivre dignement. C’est une revendication qui était très largement présente dans les mobilisations pour s’opposer au projet du gouvernement sur les retraites en 2010.

Dimanche 9 janvier 2011 7 09 /01 /Jan /2011 11:52

Temps de travail 56% des Français opposés à la fin des 35 heures

Un sondage exclusif L’Humanité-Harris Interactive révèle, le 7 janvier 2011, que plus de la moitié des Français (56%) sont opposés à la suppression des 35 heures. Et ce chiffre monte à 77% dès lors que l’on interroge les salariés qui en bénéficient.

Les salariés s’y opposent en majorité, qu’ils appartiennent au secteur public (71%) ou au secteur privé (63%).

Les personnes qui bénéficient d’un accord de réduction du temps de travail fixant leur durée hebdomadaire à 35 heures sont particulièrement opposées à une suppression de cette mesure (77%).

Quant aux salariés qui n’en bénéficient pas, ils sont plus partagés (50% de favorables contre la même proportion d’opposés). On constate également que les membres des catégories supérieures sont un peu plus favorables sur la question que les membres des catégories populaires (41% de favorables parmi les premiers contre 31% chez les seconds).

Opposition actifs/retraités ?

Lorsqu’on est dans la force de l’âge, et confrontés à la dureté de l’exploitation, et à la nécessité du repos, et moins on est favorable à la suppression des 35 heures: 66% d’opposés chez les 35-49 ans (dont 40% tout à fait opposé) et 67% chez les 25-34 ans (37% tout à fait opposé), 54% chez les 18-25 ans (31% tout à fait opposés).

Il n’y a que chez les plus de 50 ans (parmi lesquels il y a tous les retraités), que cette mesure obtient une courte majorité de favorables (52%), et une forte minorité d’opposés (48%), dont 26% de tout à fait opposés.

Il aurait été intéressant d’avoir un panel 50-65 ans pour bien différencier l’opinion des actifs de celle des retraités, qui aurait sans doute montré que les 50-65 ans ont une opinion proche de celle des 35-49 ans. Car il est vraisemblable que les retraités sont plus favorable à la suppression des 35 heures que les actifs. La perte de repères des retraités, vis à vis du monde du travail, doublé d'une plus grande exposition aux campagnes médiatiques en est sans doute la raison.

Pour la CGT ce sont à ceux qui sont les premiers concernés, les actifs,  à être écoutés et entendus sur cette question.

En tout état de cause, cela montre l'importance des sections de retraités de la CGT, et la nécessité de les renforcer. Des sections de retraités CGT, actives dans toutes les professions et les cantons, c'est urgent !

Mauvais pour les salaires !

Les Français sont également lucides quant à l’impact d'une telle mesure sur les salaires : pour 65% d’entre eux, la suppression des 35 heures ne signifierait pas une hausse des salaires. 59% chez les 18-25, 68% chez les 25-35, 73% chez les 35-49, et même 60% chez les plus de 50 ans, ce qui laisse à penser qu'elle est proche des 35-49 chez les 50-60 ans.

Cette lucidité montre que les français comprennent que la suppression des 35 heures n'a pour seul objectif que l'augmentation du chômage. Comme nous sommes dans un "marché du travail". Dans tous les marchés l'augmentation de l'offre conduit à la baisse des prix. L'aumentation du nombre de chômeurs a comme conséquence logique la baisse des salaires. Casser les 35 heures a donc comme conséquence une pression accrue sur les salaires. N'est-ce pas ce à quoi l'on a déjà assisté, avec les mesures d' "assouplissement" des 35 heures ?

Mauvais pour la croissance !

Les Français sont par ailleurs 51% à estimer que la productivité des salariés n’augmenterait pas en cas de suppression du dispositif.

Logique: la baisse du pouvoir d'achat aurait pour conséquence de freiner la consommation , d'où les baisses de ventes dans le commerce et les services, débouchés de la production.

En revanche, cela occasionnerait selon eux, une dégradation des conditions de travail à hauteur de 55% sans pour autant générer la relance de la croissance.

Logique: subir des cadences infernales pendant plus longtemps, il est évident que cela dégrade les conditions de travail, non?

Et, si, au contraire, on relançait la réduction du temps de travail sans diminution de salaire ?

Avec l'informatique, la priductivité a fait un bon extraordinaire depuis 10 à15 ans. L'arrivée d'Internet multiplie les capacités de production des individus. Aujourd'hui, tous les gains de productivité vont dans les profits, toujours dans la poche des actionnaires et jamais dans celles des salariés. 

N'est-il pas temps d'exiger un meilleur partage des richesses, sois la forme:

  • => d'augmentations de salaires véritables (assez d'aumone !),
  • => des repos supplémentaires,
  • => les 32 heures,
  • => Le retour à la retraite à 60 ans à taux plein
  • => l'accès à la retraite à 55 ans pour les travaux pénibles
  • => etc.
Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /Juin /2008 09:33
Durée du travail en France : un mensonge d'Etat


La France ne travaillerait pas assez !.  Il n'y aurait qu'un moyen de relancer la croissance et d'augmenter le pouvoir d'achat : travailler plus !

Par rapport à nos voisins, nous serions le pays qui travaille le moins, il faudrait que ça change !

Voilà le message dont nous rebat les oreilles avec un bel ensemble le Medef et la majorité présidentielle, à commencer par Sarkozy lui-même.


Or c'est grossièrement faux. Les salariés français travaillent plus que la moyenne européenne !

Merci à Léon Mercadet, journaliste à La matinale de Canal +, d'avoir rétabli les faits dans sa chronique, titrée La France bosse fort !

Pour remettre les choses à leur place, il suffit de consulter les chiffres 2006 d'Eurostat, le très officiel Office statistique des Communautés européennes, que la chaîne à péage présente on ne peut plus clairement, reprenant un tableau paru dans la revue Alternatives économiques :

Dans l'ordre croissant en nombre d'heures travaillées par semaine, on trouve d'abord les Pays-Bas puis la Norvège, le Danemark, l'Allemagne, l'Irlande, la Suède, la Belgique, le Royaume-Uni et la Finlande.

Vient ensuite la moyenne européenne, à 37,9 heures.


Le premier pays à travailler plus que ladite moyenne européenne (de justesse) (38h tout rond) est la France.

Viennent derrière l'Italie, la Lituanie, le Portugal, l'Espagne, l'Estonie, la Croatie, la Slovénie...

Les plus gros travailleurs sont enfin les Bulgares, Lettons, Tchèques et Grecs (42,7 heures).

Le tableau ci-dessus concerne la durée hebdomadaire mais on observe la même chose en se basant sur la durée annuelle, qui prend en compte vacances et jours fériés : elle est en France de 1545 heures, contre 1445 en Allemagne, 1499 au Danemark, les Pays-Bas étant le pays où l'on travaille le moins avec 1340 heures.

"Il y a un truc très très frappant, observe Léon Mercadet, c'est que les pays où l'on travaille le moins sont les plus avancés, les plus performants économiquement et socialement." "Ca alors !", s'exclame le présentateur de l'émission, Bruce Toussaint.

"A l'inverse, poursuit son chroniqueur, si on va en bas de classement, on s'aperçoit que les cancres sont (...) ceux dont le PIB par habitant est le plus faible. Tout se passe comme si plus on est un pays moderne, plus on est un pays économiquement performant, moins on travaille ! Allez savoir pourquoi, mais moins l'on travaille et plus le PIB par habitant est élevé, c'est comme ça que ça se passe en Europe.

"Alors quand les ministres et les porte-paroles du gouvernement nous répètent que nous ne travaillons pas assez, je me pose la question : est-ce ignorance ou est-ce mensonge délibéré ? En tout cas, c'est de l'idéologie, ce n'est pas des faits.

"J'ai quand même l'impression qu'on nous répète ça dans l'espoir qu'un mensonge cent fois répété devienne une vérité. Alors dans quel but cette distorsion des faits ? (...)

"Il y a une réponse évidente: c'est pour supprimer les 35h. Pourquoi supprimer les 35h ? Parce que c'est la durée légale. Ca veut dire quoi ? C'est le seuil de déclenchement des heures supplémentaires.

"Donc les Français travaillent déjà plus de 35h - on est à 38 - mais si on fait sauter les 35h, on n'a plus besoin de payer entre 35 et 38 au tarif des heures supplémentaires."

C'était en clair, su Canal +, entre 7h 10 et 7h 20 : un grand moment de vérité à la télévision, qui laissait éclater en plein jour toute l'imposture de nos gouvernants.

Cela confirme la justesse de la position de la CGT de défendre les 35 heures et de vouloir l'étendre à tous les salariés
Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /Déc /2007 19:05
Travail du dimanche: stop à la déréglementation du travail dans le commerce !

Le Sénat vient d’adopter un amendement qui ajoute les « Etablissements de commerce de détail d’ameublement » à la liste des établissements admis de droit à donner le repos hebdomadaire par roulement, donc à employer des salariés le dimanche.

Si les médias répandent l'idée que le travail le dimanche donnerait lieu à une majoration à 200% du salaire, il n'en est absolument pas question dans cet amendement.

Car, dans l’article L. 221-9 du Code du Travail, modifié par cet amendement, il n’est aucunement question  de majoration de salaire ni d'ailleurs de volontariat.


Lire ici la déclaration de la CGT

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Histoire sociale

   L'Institut CGT de Seine-Maritime a publié :
Mai-Juin 1968 en Seine-Maritime

Un printemps de luttes qui ont changé la vie

Abondamment illustré, il comporte 150 pages au format A4. il est en vente au prix de 10€ dans toutes les bonnes librairies et maisons de la presse, et dans les Unions locales CGT

Une 1968 small

A l'heure où le président Sarkozy annonce sa volonté d'éradiquer l'héritage de Mai 68, il est bon de se remémorer ce que fût cette lutte et ses acquis, particulièrement en Seine-Maritime.

Il est bon de savoir qu'avant la grève, la durée hebdomadaire du travail était de 48 heures,
et que le pouvoir d'achat était très bas.
Avec la grève, le SMIC sera relevé de 35%.
La durée du travail se réduira de 2 à 4 heures.
Les salariés bénéficieront d'une semaine de congés supplémentaires, etc.

En 1968 les salariés ont lutté ! conséquence:
Après juin 1968,
les salariés ont travaillé moins pour gagner plus !

On comprend mieux l'acharnement du Président et des patrons !

 

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Toujours disponible

l'ouvrage sur 1936 en Seine-Maritime:

1936, ils ont osé, ils ont gagné

une-1936 small
L'ambition de l'IHS-CGT était de produire un ouvrage de référence sur les grèves de 36, dans l'ensemble du département.
Si les 2/3 sont consacrés au déroulement des grèves au Havre, à Rouen, à Dieppe, à Elbeuf et dans le Pays de Caux, il couvre la période de 1934 à 1938.
L'ouvrage envente au prix de 10€.
S'adresser à l'Union locale, Place Louis Vitet,
ou à l'IHS-CGT-76, 26 av Jean-Rondeaux, 76108, Rouen Cedex

 

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L'Institut CGT d'Histoire Sociale de Seine Maritime

a publié aussi :

Une Temoignages Smal

 

Haute Normandie,

Pages d'Histoire Sociale,

Témoignages de militants

42 militants de la CGT, ayant milité de l'après guerre à aujourd'hui, témoignent.

A noter les témoignages des dieppois Daniel Cauret, William Pilon et Jean-Pierre Vicentini.

En savoir plus, le site de l'IHS-CGT-76

.

 

Abondamment illustré

  Paru le 5 octobre 2009 il est vendu au prix ce 25€.


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